
Né le 2 décembre 1944, à Cerrcë, dans la commune d’Istog, Ibrahim Rugova est le tout premier Président du Kosovo. Durant de très nombreuses années, il a été la figure de proue des indépendantistes albanais mais aussi le symbole de la lutte non-violente exercée pour contrecarrer l’apartheid voulu par le régime Milosevic. Il gagnera ainsi le surnom de « Gandhi des Balkans ».
Cependant, depuis que l’indépendance de 1991 ne fût pas reconnue par les grandes nations lors des accords de Dayton en 1995, une partie de l’opinion publique albanaise s’en est quelque peu détachée et certains se sont mis à les dénigrer lui et ses positions allant à l’encontre de ce qui avait coutume de se pratiquer dans les Balkans de l’époque.
Qui était Ibrahim Rugova ? Pourquoi est-il à la fois tant adulé et décrié ? Et surtout, quelles sont les contributions de sa lutte pacifique pour l’indépendance du Kosovo ?
Jeunesse et formations académiques
Un mois après sa naissance, la vie d’Ibrahim Rugova prend immédiatement un sombre tournant. Pour cause, son père Ukë et son grand père Rrustë sont tous deux assassinés, le 10 janvier 1945, par les communistes yougoslaves en raison de leur appartenance au groupe patriotique Balli Kombëtar (Front National). Il est alors pris en charge par son oncle et grandit aux cotés de ses six cousins jusqu’à la fin de ses études secondaires, à Pejë, en 1967.
Dès lors, il part à Prishtina où il obtient, en 1971, un diplôme universitaire en langue et littérature albanaise. De 1976 à 1977, il passe une année à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris, sous la supervision du professeur Roland Barthes, et approfondit ses connaissances littéraires. En 1984 ensuite, il conclue par un doctorat à l’Université de Prishtina.
Parcours professionnel et engagements politiques
Grand passionné d’écriture durant sa jeunesse, Ibrahim Rugova entame sa carrière professionnelle en tant que rédacteur en chef du journal étudiant Bota e re (nouveau monde) et de la revue scientifique Dituria (connaissances) de 1971 à 1972. Jusqu’à la fin des années 1980, il travaille ensuite à l’institut d’albanologie de Prishtina en tant que chercheur et devient, durant une période, le rédacteur en chef de la revue Gjurmime albanologjike (recherches en albanologie) de ce même institut. Reconnaissant son talent, en 1988, l’association des écrivains du Kosovo le nomme Président. Cette dernière se distingua entre autre comme le noyau du mouvement d’opposition albanais à l’oppression exercée par le régime serbe au Kosovo.
De ce fait, après la suppression de l’autonomie en mars 1989, quelques membres de l’association des écrivains albanais du Kosovo décident, en septembre de la même année, de fonder un parti politique réunissant les différents intellectuels de l’époque. Ces derniers étaient : Jusuf Buxhovi, Ibrahim Berisha, Milazim Krasniqi, Mehmet Kraja et Xhemail Mustafa. Jusuf Buxhovi rédigera le programme et les statuts et contactera ensuite Ibrahim Rugova, Ali Aliu, Ajri Begu, Basri Çapriqi, et Ramiz Kelmendi, qui avec leurs signatures deviendront membres du conseil fondateur du parti. Après eux s’ajoutent également : Fehmi Agani (il participera considérablement à l’écriture de la version finale du programme du parti), Bujar Bukoshi, Zenel Kelmendi, Zenun Çelaj, Jusuf Bajraktari, Mustafë Radoniqi, Hysen Matoshi, Neshet Nushi, Idriz Ajeti, Mark Krasniqi, Dervish Rozhaja, Anton Çeta, et Zekeria Cana (Ces deux derniers
s’étaient également démarqués par leur engagement au mouvement Pajtimi i Gjaqeve (réconciliation du sang)). Le samedi 23 décembre, le premier parti albanais du Kosovo est finalement créé, dans les locaux de l’association des écrivains albanais, et prend le nom de Lidhja Demokratike e Kosovës (Ligue Démocratique du Kosovo). Nonante-six adhérents valident sa création par leurs signatures et élisent à l’unanimité :
| Président de la LDK | Ibrahim Rugova |
| Secrétaire | Jusuf Buxhovi |
| Membres de la direction | Fehmi Agani, Bujar Bukoshi, Ali Aliu, Nekibe Kelmendi et Mehmet Kraja |
La réunion fut suivie par plusieurs correspondants et journalistes des journaux tels que : Rilindja, Tanjugu, Radio televizioni i Prishtinës, Oslobogjenje, Vjesniku et Radio Lubjana.
Conformément à la loi, le programme de la Ligue Démocratique du Kosovo est envoyé, le lundi 25 décembre, aux organes judiciaires de la région. Par la même occasion, après avoir été traduit en anglais, il est également adressé à l’ambassade des USA, d’Angleterre, d’Allemagne et de France à Belgrade et à certaines des plus grandes agences de presses.
Mise en place des institutions parallèles et difficultés à les tenir
Comme vous avez déjà eu l’occasion de le découvrir dans le paragraphe « La genèse de l’UÇK » de l’article consacré à Adem Jashari, après la suppression de l’autonomie du Kosovo un vaste plan ayant pour but l’apartheid des Albanais a été mis en place par le régime Milosevic. Ainsi, pour ne pas se laisser écraser par les nombreux décrets, ordonnances, lois et règlements nouvellement votés, la LDK met en place des institutions et une économie parallèles en pleine clandestinité. De nombreux mouvements politiques albanais existaient déjà depuis bien longtemps, mais ces derniers ne pouvaient malheureusement pas agir par des mesures concrètes en raison de leur illégalité.
De ce fait, le tout premier parti albanais de la région décide d’agir et vite. Le 2 juillet 1990, la déclaration d’indépendance est rédigée, le 7 septembre de la même année, à Kaçanik, la république est proclamée et la constitution est votée et un an plus tard un référendum populaire est organisé en faveur de l’indépendance. Le 24 mai 1992, des élections pour le parlement et pour la présidence du pays se déroulent. Vingt-quatre formations politiques y prennent part et quatre d’entre elles rentrent au parlement. Par son triomphe à la présidentielle et le succès de son parti, Ibrahim Rugova en ressort grand vainqueur et devient sur le plan international le visage des Albanais du Kosovo. Il s’en suit alors, plusieurs rencontres entre lui et les dirigeants occidentaux pour leur faire part de la situation critique de la région. Cela avait toutefois déjà commencé dès l’année 1990 lorsque John DioGuardi, Président de l’AACL, fit un voyage diplomatique avec sept membres du Congrès des Etats-Unis pour leur présenter Ibrahim Rugova et les sensibiliser à sa cause.
Sous la direction de Bujar Bukoshi, une taxe de 3% sur le revenu des Albanais du pays et de la diaspora est instaurée à partir de 1991. Par conséquent, de nombreux bureaux de perceptions sont créés un peu partout en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. Ces fonds servent à financer la gestion du parti et du Parlement mais aussi à créer des écoles et des hôpitaux en faveur de la population albanaise. De nombreux appartements, greniers, caves, entrepôts, et autres lieux privés sont gratuitement mis à disposition par le peuple. Ils seront plus de 400'000 élèves à être scolarisés en albanais par ce biais là. D’autre part, l’Institut Historique du Kosovo, ayant été fermé le 30 juillet 1992, et dans lequel plus de 20'000 livres et documents sur l’histoire albanaise ont été détruits, ouvre à nouveau en 1995 sous la direction du Dr. Fehmi Rexhepi. Cela permet ainsi tant bien que mal de maintenir, pendant quelques années, la résistance contre la discrimination de l’administration serbe. Rugova et ses amis espèrent toutefois interpeller l’Europe sur les valeurs qui la fondent et obtenir son aide pour enrayer l’oppression tenue par Milosevic, mais en vain. En 1995 alors, des divergences d’opinions interviennent au sein de la Ligue Démocratique du Kosovo. Une altercation se produit entre Rugova et son premier ministre Bukoshi sur la gestion des institutions parallèles et des fonds. Ce dernier reproche au Président ses tentatives de compromis avec son homologue serbe pour autoriser le retour des enfants dans les écoles d’état. En d’autres termes, il estime que Rugova « abandonne la politique d’indépendance ». La profession de ces critiques vaut alors à Bukoshi d’être écarté du pouvoir et des décisions importantes. En représailles, celui-ci coupe les fonds à son parti et le laisse sans argent.
Pour ne pas provoquer la controverse, malgré son absence dans la scène politique, il utilise cette somme, environ 56 millions de marks (28 millions d’Euros), pour créer l’Union des Fonds pour la Reconstruction du Kosovo et il verse plusieurs montants à des projets locaux dans les municipalités dirigées par la LDK. Certains prétendraient même qu’il aurait aidé et financé l’UÇK avec une partie de cet argent.
En plus de cela, après la guerre, Ibrahim Rugova est aussi accusé par une partie de ses membres de faire preuve de népotisme. Ils estiment qu’il a tendance a favoriser un cercle limité de militants et d’amis fidèles dans le contrôle de la LDK et d’ignorer d’autres figures-clés. Bujar Bukoshi joue alors de la situation et pense à former un nouveau parti mais hésite car il devrait de ce fait faire face aux éléphants comme Edita Tahiri ou Sabri Hamiti. Par ailleurs, cela créerait énormément de tensions au sein de la Ligue Démocratique et risquerait de favoriser le PDK d’Hashim Thaçi, qui gagnait de plus en plus de terrain dans la scène politique depuis sa création en mai 2000. Un compromis est alors trouvé entre les deux hommes et Bukoshi reste dans le parti.
Echecs de la lutte non violente
En décembre 1995, les accords de Dayton mettent fin à la guerre de Bosnie et aux guerres yougoslaves. Cependant, ceux-ci oublient ou il serait plus juste de dire ignorent la question du Kosovo pour ne pas trop irriter Milosevic et éviter un prolongement des négociations. Cette entourloupe des USA, mais surtout de l’Europe ayant fait un grand nombre de promesses au Président du Kosovo lui assène un coup lourd de conséquences pour la suite. En effet, dans les Balkans où les coups de gueule et les discours enflammés font en général le succès des compagnes électorales et où les armes parlent vite, la population albanophone ayant fait preuve d’une grande maturité politique jusqu’à lors en optant pour la résistance pacifique se sent trahie et décide donc de soutenir la résistance militaire. Cet état d’esprit est également partagé par les grandes organisations de la diaspora tels que l’AACL, qui se détournera alors de Rugova durant quelques années et se ralliera à l’UÇK ou alors Vatra et NAAC de 1997 à 1999 (article : Les Albanais aux Etats-Unis d’Amérique).
L’armée de libération du Kosovo acquiert de ce fait un nombre impressionnant d’adeptes en quelques mois. Le 28 novembre 1997, lors des obsèques d’Halit Geci, enseignant à Llausha, plusieurs membres de l’UÇK décident de s’afficher publiquement avec leur uniforme de combat. Tout un symbole, lorsqu’on connait la signification de cette date mais également les milliers de personnes présentes ce jours là. L’UÇK marque alors les esprits et devient pour beaucoup la seule alternative.
Convaincu de l’utilité de tout de même continuer à mener, en parallèle, des négociations avec les gouvernements occidentaux et celui de Serbie pour trouver une solution pacifique au conflit, Ibrahim Rugova décide d’organiser de nouvelles élections afin de prouver sa légitimité en tant qu’interlocuteur. Celles-ci se déroulent le 22 mars 1998, mais de nombreux groupes politiques décident de les boycotter après que leur demande de les repousser, en raison de l’intensification des combats entre l’UÇK et les forces yougoslaves, ait été refusée. Il est tout de même important de noter que la majorité des sympathisants de ces groupes contestataires n’étaient pas de cet avis et ont voté en masse. En conséquence, seuls dix partis et trois associations se présentent lors de ce deuxième scrutin parallèle. Rugova en sort finalement vainqueur et est à nouveau élu Président malgré les nombreuses polémiques dont il fût la cible de ses opposants durant les trois précédentes années. Il s’attache alors, à nouveau, à aller à la rencontre des grands leadeurs étrangers pour les convaincre d’agir en faveur des Albanais.
Malgré la mort d’Adem Jashari et de ses proches le 7 mars, l’UÇK continue à résister mais les exactions serbes n’ont de cesse de s’intensifier et la population albanaise subit de plus en plus l’oppression policière et militaire. Cela dure ainsi durant toute l’année 1998 jusqu’à la fin janvier 1999. Ne se regroupant jamais mieux (voir pas du tout) que devant le malheur, la communauté internationale décide d’entamer des négociations, le 6 février, à Rambouillet, afin de faire cesser les massacres. Après plusieurs jours, la Serbie s’entête à refuser les accords présentés et subit en conséquence, le 24 mars, les bombardements de l’OTAN. Au bout de onze semaines, Milosevic capitule et, le 9 juin, un accord de paix est signé à Cologne au sein du G8. Toutefois, comme dans la vie rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, il est légitime de se demander si ces nouveaux alliés auraient eu autant de volonté de défendre les valeurs morales sans l’action pacifique menée par Ibrahim Rugova. Cette question se pose d’autant plus lorsqu’on sait que quelques années auparavant, sous l’influence de Milosevic, les gouvernements occidentaux considéraient à tord l'armée de libération, mais aussi tous ceux participant à son soutien, comme des terroristes.
Protectorat international et volonté de trouver une solution
Avec la fin de la guerre, rares étaient ceux à avoir imaginé que l’indépendance ne serait pas immédiatement au rendez-vous. Nombreux ont cependant été, ceux qui de très haut sont tombés. Après les licenciements en masses des Albanais par le gouvernement serbe entre 1989 et 1992, l’interdiction aux soins médicaux dans les hôpitaux de l’état, l’exclusion de leurs enfants des établissements scolaires et universitaires durant de nombreuses autres années, les tentatives de modification ethnique du territoire par plusieurs lois incitant les serbes à s’installer au Kosovo et poussant les Albanais à partir et finalement les atrocités perpétrées durant la guerre, le Kosovo n’a pas eu de facto droit à l’indépendance et est passé sous tutelle des Nations Unies le temps qu’un compromis soit trouvé. Une première mondiale ! Les raisons à cela se trouvent dans les Accords de Rambouillet, signés par la délégation albanaise, stipulant que l’hypothèse d’une indépendance ne pourrait être envisagée qu’au terme d’une transition de trois ans. Le Président de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) sera Bernard Kouchner de juillet 1999 à janvier 2001.
Sous supervision internationale, des élections locales sont organisées le 28 octobre 2000. Quatre types de candidats pouvaient s’y présenter. Les partis politiques, les coalitions de partis, les initiatives citoyennes et les candidats indépendants. Cela fera au total trente-neuf entités différentes (19 partis politiques, 2 coalitions de partis, 3 initiatives citoyennes et 15 candidats indépendants). Trois partis recueilleront cependant la grande majorité des suffrages. La LDK d’Ibrahim Rugova avec 58 % des voix, le PDK d’Hashim Thaçi avec 27.3 %, et l’AAK de Ramush Haradinaj avec 7.7 %.
A titre d’information, le PDK est la fusion du Parti de l’Union Démocratique (Partia e Bashkimit Demokratikë, 4 juillet 1999) de Bardhyl Mahmuti, avec des éléments de l’UÇK, qui prendra le nom de Parti pour le Progrès Démocratique du Kosovo (Partia për Progres Demokratik të Kosovës) le 14 octobre 1999. Celui-ci changera son nom en Parti Démocratique du Kosovo le 21 mai 2000. Pour ce qui est de l’AAK, elle est composée de six partis politiques : l’AQK, de Ramush Haradinaj, le PPK de Bajram Kosumi, le LKCK de Sabit Gashi, le LPK d’Emrush Xhemajli, l’UNIKOMB d’Ukshin Hoti et le PSHDK de Lazer Krasniqi.
Sous la direction d’Ibrahim Rugova, la LDK remporte ensuite les premières élections nationales de novembre 2001, les deuxièmes élections locales de septembre 2002 et les deuxièmes élections nationales du 23 octobre 2004. Il s’agit alors d’œuvrer à remplir les nombreuses normes établies par la MINUK en vue d’établir les discussions sur le futur statut de la région mais aussi de maintenir les discutions avec Belgrade afin d’essayer de trouver un compromis. Néanmoins, sachant que la Serbie n’est prête à accorder au Kosovo qu’une simple autonomie et que les Albanais veulent l’indépendance, les négociations sont, dès le départ, vouées à l’échec. En 2005, Martti Ahtisaari, ancien Président finlandais et envoyé spécial de l’ONU, est alors chargé de superviser les pourparlers et de rédiger un Pacte qu’il proposera aux deux camps. Le 26 mars 2007, il recommande au Conseil de Sécurité d’opter pour une indépendance sous supervision internationale. A quatre reprises, la Russie rejette le plan. Exaspérés, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, et de nombreux autre pays l’avertissent qu’ils pourraient reconnaître unilatéralement l’indépendance si elle se borne à ne pas vouloir faire d’efforts. C’est ce qui finit en fin de compte par se produire le 17 février 2008. Malheureusement, Ibrahim Rugova décéda, le 21 janvier 2006, et n’eu pas la possibilité d’assister à ce dénouement.
Conclusion
Quel que soit l’avis ou l’opinion que chacun de nous peut nourrir envers Ibrahim Rugova, par son parcours et ses engagements, il est sans conteste, l’une des figures marquantes de l’histoire moderne du Kosovo. Tous les mouvements sociaux, économiques ou politiques sont symboliquement représentés par un voir plusieurs hommes ou femmes, et à côté d’Adem Jashari, Ibrahim Rugova est devenu l’image de la résistance albanaise à l’oppression yougoslave et serbe des années 1990. Nous avons d’ailleurs tous pu remarquer comment durant les dernières élections kosovar de décembre 2010, le nom de l’ancien président a souvent été utilisé à tord et à travers, par de nombreux partis, comme un faire valoir ou gage de qualité dan les idées défendues.
Un certain nombre de reproches peuvent toutefois lui être portés sur quelques une de ses positions. Notamment, son obstination à n’avoir jamais voulu reconnaitre l’armée de libération pendant et après la guerre, même si, en 2004, il a décoré du titre de « Héros du Kosovo » le légendaire commandant de l’UÇK. Mais aussi, son entêtement à vouloir mener une politique de paix et de négociations, avec la Serbie, durant les périodes les plus critiques où l’issue non-violente n’était plus une option envisageable. Ou finalement, le manque de discutions, même s’il n’en était pas le seul responsable, avec certains membres de son parti ou de ses opposants, qui finira parfois par porter préjudice à ses convictions pacifiques ou à le faire accuser de népotisme.
Aussi bien l’homme que sa politique peuvent être critiqués, il n’en reste pas moins, que chacun d’entre eux comporte également des bienfaits et sont tout autant à prendre en considération. Il est donc important de noter que la décision d’Ibrahim Rugova d’instaurer une résistance citoyenne pacifique fût des plus judicieuses, durant la première moitié de la décennie 90. Pour cause, il était inconcevable de rentrer en conflit militaire avec la Yougoslavie alors que le Kosovo, à l’inverse de la Slovénie, la Croatie ou la Bosnie-Herzégovine, ne possédait aucune armée et encore moins de militaires pouvant prendre sa défense. De plus, ne disposant, à l’époque, d’aucun statut d’état ou même de province, la volonté de ne pas se précipiter en mettant d’abord en place des institutions parallèles, en se dotant d’une constitution et en proclamant une république était primordiale. Pour finir, contrairement aux dires de quelques individus, la résistance pacifique n’était en rien une résistance passive. Elle était l’instrument, qui des années durant permît au peuple de s’indigner, de se révolter, de ne pas se laisser écraser, et d’agir de manière constructive sans pour autant risquer de se faire museler et exterminer lorsque l’opinion publique internationale ne savait ni situer le Kosovo sur une carte ni qui étaient les Albanais.
Récompenses internationales
1995 : Prix de la paix de la fondation Paul Litzer (Danemark)
1996 : Docteur honorifique de l’Université Paris VIII (Sorbonne)
1998 : Prix Sakharov du Parlement européen
1999 : Prix de la paix de la ville de Münster (Allemagne)
1999 : Citoyen honorifique des villes de Vienne, Milan et Brescia (Italie)
2000 : Prix de la paix de l’Union Démocratique de Catalogne (Espagne)
2004 : Prix européen de Sénateur honorifique par la fondation « Coudenhove-Kalergi »
2004 : Amis des Etats-Unis d’Amérique par l’État de Pennsylvanie
2004 : Docteur honorifique de l’Université de Tirana
2006 : Odre du drapeau national par Alfred Moisiu le Président d’Albanie
2007 : Héros du Kosovo par Fatmir Sejdiu le Président du Kosovo (à titre posthume)
Bibliographie
1971 : Prekje lirike
1976 : Bibliografia e kritikës letrare shqiptare 1944 – 1974 (En collaboration avec Isak Shema)
1978 : Kah teoria
1979 : Kritika Letrare (nga De Rada te Migjeni) (En collaboration avec Sabri Hamiti)
1980 : Strategjia e kuptimit
1982 : Vepra e Bogdanit 1675 – 1685
1986 : Kahe dhe Premisa të kritikës letrare shqiptare 1504 – 1983
1987 : Refuzimi estetik
1991 : Pavarësia dhe demokracia
1994 : Çështja e Kosovës
2005 : Kompleti i veprave të Ibrahim Rugovës në tetë vëllime
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Article mis à jour, le 19.03.2011, par
Blerim, Administrateur
Pour plus d'informations
Premières élections libres du Kosovo, par Kolë Gjeloshaj et Jean-Michel De Waele
La question du Kosovo, Xhafer Shatri
Interview de Bujar Bukoshi, le 30.07.1998, L’EXPRESS.fr
Interview d’Ibrahim Rugova, le 13.08.1999, Libération.fr
Point de vue de Bernard Koushner sur Ibrahim Rugova, publié, le 25 janvier 2006, par Le Monde
1. 17/06/2011
Le mal est déjà, vos rêves de Grande Albanie sont vains, c'est à cause des puissances occidentales que l'on vous a parqué dans divers pays, elles ont exactement fait la même chose en Afrique en créant des pays artificiels basés sur les territoires que tenaient les divers collons à l'époque et qui fait aujourd'hui tant de mort à cause des tensions religieuses et ethniques dû au mélange de ceux-ci dans ces pays décidés par les collons Européens.
Ce qui me fait marrer, c'est que vous avez fait appel et semblez admirer les occidentaux alors que c'est eux qui sont en partie responsable des guerres balkaniques, surtout l'Allemagne qui on le sait a joué un rôle primordial dans la scission de la Yougoslavie.
Néanmoins, Shqiptar pose de bonnes questions mais hélas je n'en ai pas les réponses, peut-être que l'admin de ce site saura vous éclairer.
2. 16/06/2011
Bonjour « Shqiptar »,
Merci à vous pour votre intervention.
Hugue a posé un certain nombre de questions et il est à mon avis important qu’il les pose. Nous avons pour principe de valider tous les commentaires respectant les Conditions Générales et c’était le cas de ceux de Hugue. Un certain nombre d’individus ont un avis tout fait sur notre communauté et à ce titre il est important d’engager un dialogue pour tenter de couper court aux préjugés. Les questions que vous soulevez sont également très importantes, mais si nous voulons réellement faire connaitre notre histoire et notre culture il faut accepter le débat. Il faut juste que cela se fasse dans le respect.
Pour ce qui est de vos propos sur l’union des Albanais, il est important que la population puisse vivre en liberté et qu’elle ait la possibilité de réaliser ses projets. Ce n’est pas à des dirigeants internationaux de lui dicter ses droits ou ses possibilités. Si l’Albanie et le Kosovo décident un jour de se réunir sous un seul et même état c’est donc uniquement au peuple que revient la décision. Pour ce qui est ensuite des autres territoires, la situation est quelque peux différente et, à mon avis, ce ne sera qu’avec l’adhésion à l’union européenne que tous les Albanais pourront être réunis sans que cela ne créer de tensions dans les Balkans.
Nous espérons donc qu’un jour la population albanaise sera entièrement libre et respectée au sein des territoires dans lesquels elle vit et qu’elle jouira de la souveraineté pour laquelle elle milite depuis tant d’années.
Salutations
3. 14/06/2011
Tout d'abord, je voudrais remercier l'administrateur pour cet article. Hallall !
Ibrahim Rugova était et est un symbole pour tous les Albanais !
Quant au multiple questions, ainsi qu'accusation faite par Hugue, je voudrais juste lui demander :
Pourquoi vous poser vous autant de questions en ce qui concerne le Kosovo ?
Pourquoi ne vous demander pas pourquoi est-ce que la Serbie n'a pas reçu de sanction internationale pour tout ce qu'elle a faite dans les Balkans et plus principalement au Kosovo et en Bosnie ? Pourquoi ne paie-t-elle pas les génocides en Bosnie et au Kosovo ? Pourquoi ne pas payer les dégâts de la guerre comme la faite l'Allemagne suite à la 2e Guerre Mondiale ? Pourquoi ne vous demander pas pourquoi le procès de Milosevic fini de cette manière ? Pourquoi avoir enterré un cercueil vide en terre ? Pourquoi Mladic est capturé seulement quelques mois avant la prochaine réunion des états de L'UE qui donneront peut-être des statuts de candidat à certain pays pour l’adhésion à l'UE ?
Voici des questions qui méritent d'être posé. Ne vous attarder pas sur des questions telle que le fameux ''trafic d'organe''. En ces temps-là, au Kosovo ainsi qu'en Albanie il y avait même pas de l’électricité 24h/24h et on accuse ces deux pays pour trafic d'organes. Et le comble de tout c'est cette fameuse maison ''jaune'' on y voit une maison en pierre et à l'intérieur des conditions de vie des plus basses et on dit qu'il y a eu un trafic d'organe la dedans. Ne savez-vous pas quel moyen faut-il avoir pour prélever un organe ?
Vous faites souvent une comparaison du Kosovo avec l'Albanie. Ce n'est pas faux. J'aimerais juste vous rappeler que le Kosovo et l'Albanie sont dirigés par des Albanais et que nous possédons les mêmes origine. C'est tout à fait normal que nos fait et geste soit identiques. Nous sommes des frères! Un jour nous ne formerons plus qu'un avec la moitié de la Macédoine, le sud de la Serbie ainsi que le sud du Monténégro et le nord de la Grèce !
4. 07/06/2011
Bonjour Hugue,
Tout d’abord, je vous prie de m’excuser de ne répondre que maintenant à votre commentaire. Je fût quelque peu occupé ces derniers jours avec la gestion du site et la publication du nouvel article.
Dans votre précédent commentaire vous évoquiez le fait que le peuple du Kosovo devrait se révolter contre son gouvernement à l’image des pays arabes afin d’avoir une vie dans laquelle ils seront plus écoutés. Je n’ai donc fait que souligner le fait que la situation n’est pas tout à fait la même puisqu’au Kosovo, il y a des institutions internationales étant au dessus de toutes les autres et ayant un plein pouvoir. Ne vous étonnez donc pas de ma critique ou plutôt constat de la situation du pays. Comme je vous ai dis à la fin de mon précédent commentaire et que vous avez apparemment mal interprété, je ne tente pas de décharger certain de nos dirigeants de leur responsabilité (car ils en ont une grande également) mais uniquement d’être un peu cohérent en disant que ces institutions internationales se targuant de tout contrôler (aussi bien les frontières, l’économie et la politique) au Kosovo ne peuvent pas être déchargées de toutes responsabilités dans la critique que vous faisiez sur les trafics de toutes sortes. Nous pourrions débattre sur ce seul sujet sur des dizaines de commentaires tellement il y a de choses à dire, mais essayez simplement d’avoir une réflexion honnête en vous demandant si les internationaux peuvent être entièrement exemptes de toute responsabilités alors qu’ils ont un contrôle total sur ce qui se passe au Kosovo et donc bien supérieur que certains nos dirigeants (marionnettes).
Bien évidemment ! Les Américains ne sont jamais intervenus et n’interviendront jamais pour des raisons uniquement humanitaires et en dehors de tout intérêt. D’ailleurs aucun pays ne le fait et ceci aussi bien la France, que l’Angleterre, que l’Allemagne ou la Russie ou tant d’autres pays. Une guerre coûte cher. Cela aussi bien financièrement que politiquement. Faut donc qu’il y ait un intérêt à la clef. Les Américains ne l’ont pas fait durant la deuxième guerre mondiale lors du débarquement de Normandie et ne le font pas non plus aujourd’hui. Nous n’allons pas rentrer dans ce sujet là, mais si les Etats-Unis occupent aujourd’hui la première place des puissances mondiales c’est entre autre grâce à la 2ème guerre mondiale et aux prêts qu’ils ont accordés aux pays européens pour la reconstruction. Ils ont ainsi pu prendre le contrôle de certains pays grâce à cet argent. Enfin bref… un très grand sujet très intéressant pour signifier que le Kosovo n’est pas le seul pays à avoir fait appel aux Américains et qui en paient en quelque sorte le prix aujourd’hui. Ma critique, cette fois-ci pour notre gouvernement, serait alors qu’elle n’a pas su reprendre le contrôle du pays après la guerre, comme l’a fait la France par exemple après la 2ème guerre mondiale. Elle n’a pas su ou n’a pas pu le faire voici une question très intéressante qui mériterait d’ailleurs de s’y intéresser. Quoi qu’il en soit, il est plus qu’évident que sans les internationaux nous aurions difficilement pu nous détacher de la Serbie car l’affrontement armé était inégal entre l’armée de libération du Kosovo étant une armée quelque peu improvisée et l’armée serbe et yougoslave faisant à l’époque partie des plus importantes du monde. Il faut juste éviter de tomber dans la vision idyllique de quelque acteur politique, national ou international, que ce soit au Kosovo.
Pour ce qui est de Thaçi, ne nous faites pas à nous son procès. Je ne vois pas d’article lui étant consacré sur ce site et vous n’en verrez jamais puisque vous l’avez surement remarqué, nous ne traitons pas ce qui est sujet politique sur notre site car notre but est de présenter l’histoire et la culture albanaise. Notre point de vue politique importe donc très peu et n’intéresse personne car notre travail est de rassembler la communauté albanaise de la diaspora autour de ce qui les réunis et pas de ce qui les sépare. Ceci dit, je ne pense pas me tromper en disant que vous devez savoir ce que nous pensons de cet homme. Toutefois, sans vouloir prendre sa défense car il ne nous intéresse vraiment pas, je ne croie pas que Wikipédia soit la meilleure plateforme pour se faire une vision neutre d’un sujet ou d’un personnage. Surtout lorsqu’on sait que les articles peuvent être modifiés à volonté plusieurs fois par jour et par n’importe qui selon le point de vue. Vous êtes surement d’accord avec moi.
Vous avez raison de ne pas aimer à penser que 100 % des acteurs politiques au Kosovo ne sont qu’un ramassis de personnes malhonnêtes pensant qu’à leurs propres intérêts car c’est loin d’être le cas. Ceci d’ailleurs aussi bien au Kosovo que dans n’importe quel autre pays du monde.
Comme vous avez donc pu le relire sur ce commentaire, le chat ne se mort pas la queue. Loin de là ! Personne ne met tous nos problèmes sur le dos des occidentaux mais je dis juste ce que vous avez fini par dire vous-même à la fin. A savoir, que pour faire une révolution réussie, il faudra balayer aussi bien une partie de notre classe dirigeante que les institutions internationales. Le peuple albanais du Kosovo s’est soulevé en masse depuis 1981 pour reprendre son destin en main et vivre en liberté. Ce n’était donc pas pour retomber dans les mains d’autres dirigeants (nationaux et internationaux) aussi peu touchés par l’intérêt public. Si vous vous attardez à faire des recherches un peu plus approfondies et sortant du cadre Wikipédia vous arriverez très facilement à faire également ce constat et à vous apercevoir du ras-le bol de la population, qui depuis cinq ans environs ne souhaite plus se laisser faire. Sans cela, l’indépendance du Kosovo ne serait d’ailleurs pas arrivée avant quelques années encore.
Salutations
5. 04/06/2011
Merci de votre réponse.
J'ajouterais simplement un complément à vos arguments concernant la main mise des occidentaux sur votre pays.
Si l'UCK n'avait pas tant sollicité l'aide de ces derniers et auraient plutôt mené leur guerilla armé entièrement par l'Albanie (le seul pays vraiment ami du Kosovo dans le monde à mon humble avis) et bien probablement que vous n'auriez pas été sous le jaoug des institutions internationales et ce depuis la fin de la guerre et qui plus est depuis la déclaration d'indépendance de 2008.
Vous savez, ça ne marche pas comme ça avec les Américains, ceux-ci n'agissant qu'en fonction de leur intérêt, il est donc tout à fait normal qu'ils aient demandé de large contreparties ou plutôt qu'ils aient prit eux même le contrôle d'un pays (ou région selon les idéaux de chacun) qu'ils ont sauvé...
Mon Dieu comme j'adulerai l'Amérique si seulement elle se contentait vraiment de faire ce qu'elle dit, c'est à dire des interventions humanitaires et une fois leur mission terminée, rebrousseraient chemin... mais hélas la réalité est tout autre.
Vous semblez, peut-être par élan patriotique, vouloir déresponsabiliser les politiciens qui sont à la tête du Kosovo, comme Thaci par exemple, il suffit de se rendre sur sa fiche wikipedia pour constater les relations incestueuses qu'il tient avec la mafia Albanaise et autres.
Ce que j'essaye de vous faire comprendre, c'est que des gens comme Thaci que vous adulez (peut-être pas vous parce que vous avez une plus profonde connaissance du sujet que la masse) ne sont que des agents des Américains mais étant donné qu'ils ont porté le fameux blason de l'UCK, on leur pardonne tout, évidemment.
Je pensais que l'UCK était une Armée de Libération du Kosovo et non une faction de la mafia Albanaise voulant prendre le pouvoir au Kosovo et y faire prospérer leur économie souterraine, et bien c'est chose faite, et ceci s'est fait sous l'indifférence et le support totale de l'Amérique et de ses alliés.
Imaginons le Kosovo autrement après l'indépendance de 2008 :
- Thaci le terroriste déclare l'indépendance du Kosovo
- Tous les pays acceptent son indépendance (et même la Serbie, incroyable)
- Les ministres restent les mêms qu'aujourd'hui
- Aucune institution internationale n'est en activité au Kosovo pour gérer sa politique
Et bien, je serais prêt à mettre ma main au feu que la situation serait pareil voire même pire qu'actuellement, les politiciens continueraient leur clientélisme et leur opération mafieuses en tout genre et le Kosovo serait alors plongé dans un chaos.
On pourrait faire le parallèle avec un pays dictatorial, à l'image des pays Arabes, qui ont moult richesse mais qui a leur tête avaient des gens corrompus et qui ne servaient pas les intérêts de leur peuple, vous pensez vraiment que Thaci soit un homme intègre et honnête ? Il en va de même pour les autres politiciens du Kosovo, en tout cas ceux qui ont de hautes responsabilités car je n'aime pas à penser que 100% des acteurs politiques au Kosovo ne sont qu'un ramassis d'ordure de criminels liés à la mafia.
Le Kosovo serait dirigé comme en Albanie en fait, même pas besoin de faire le parallèle avec les pays Arabes, on a un exemple typique juste à côté, l'Albanie, pays indépendant depuis un siècle et qui est tenu par la mafia Albanaise, voilà ce que serait le Kosovo même sans les institutions occidentales à sa tête.
Donc excusez moi mais, mettre tous vos problèmes sur le dos des occidentaux c'est le chat qui se mort la queue... En plus que ceux-ci vous aient sauvé des horribles Serbes comme on aime à les présenter. Bref, si demain il devait y avoir révolution au Kosovo, faudra pas seulement balayer les institutions internationales mais aussi la classe politique.